• Nuit des lemons du 25 Mars 2016

    Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente du 25 Mars 2016. Le sujet principal était "les noms de fleurs à double sens". Le troisième thème de la soirée était "soleil (tournesol)", les mots à placer étant : flamboyant, destinée et équinoxe

    La comédienne d'Oxford (Hétéro)

    Fandom : Original 

    Contexte : Un dieu et une mortelle, dans un cycle de réincarnations, se retrouvent vie après vie dans différentes époques, différents pays. Ils se sont croisés déjà plusieurs fois dans des vies antérieures et se sont aimés sans jamais pouvoir concrétiser cet amour. 

    Ils se rencontrent à nouveau, dans l'Angleterre de l'ère élisabéthaine où ils pourront s'aimer pour la première fois.

    .

    Ses cheveux sont d’un brun chaud qui pétille sous le soleil flamboyant de l‘automne. Ses yeux sont d’un bleu céleste et son sourire, je le reconnaitrais entre mille. Voilà déjà la quatrième fois que je le retrouve, je peux maintenant reconnaître la fille.

    Je ne m’attendais pas à la voir ici, sur la scène d’un théâtre en Angleterre. La dernière fois… quand était-ce déjà ? Je ne sais plus. Nous étions chinois. Mais cela n’a plus d’importance. 

    Voilà si longtemps que je ne t’avais pas vue, étrange fillette. Je pensais que nos trois précédentes rencontres n’étaient que le fruit du hasard, mis tu te présentes à nouveau devant moi. Me poursuis-tu ? Où le destin, cruel farceur, a-t-il décidé de me jouer un tour ? Moi qui suis un dieu, à l’existence immortelle, je ne devrais pas prêter attention à une éphémère, peu importe le nombre de fois que je la rencontre.

    Elle est belle.

    D’autres acteurs sont présents sur scène mais je ne vois qu‘elle - et je ne suis pas le seul. Sa présence éclipse toutes les autres, elle est solaire, éclatante, magnifique. Un bouquet de tournesols à la main, elle tourbillonne et attire toute l’attention. Que fait une fille pareille sur la scène bricolée à la hâte d’un spectacle de rue ? Avec son talent, sa place serait sur les planches des plus grands théâtres.

    Je suis subjugué. Il faut que je lui parle. Mon intuition ne me trompe jamais, mais je veux entendre le son de sa voix. Je veux sentir son parfum. Je veux toucher sa main, juste pour être sûr qu’elle est bien réelle.

    Il faut qu’elle me voie.

    Mes amis ne prêtent pas attention à moi : ils sont à moitié occupés à se saouler, l’autre à observer la pièce. Je me lève d’un bond et je me faufile à travers la foule pour me rapprocher de la scène. Un drap est tendu à l’arrière pour dissimuler les coulisses et je m’y faufile, plus discret qu’une ombre. Personne ne peut me remarquer si je n’en ai pas envie : les avantages de posséder des pouvoirs inhumains.

    Le drap passé, c’est la cacophonie. La troupe est en ébullition, les gens courent partout. Ils ne m’intéressent pas et je me faufile jusqu’à la scène. Je trouve une place parfaite d’où je peux observer la fille de près.

    Elle est à seulement deux mètres de moi. Ma gorge est étonnement sèche. J’ai du mal à déglutir. Je me sens trembler.

    Elle m’aperçoit. Pas une émotion qui ne devrait pas entrer dans son rôle ne froisse son visage parfait et elle se détourne aussitôt. Je brûle d’impatience alors que passent les minutes, horriblement longues. Que n’ai-je pas le pouvoir d’accélérer le temps pour être au plus vite en compagnie de la fille ! Je veux lui parler, la toucher, faire en sorte qu’elle me connaisse, même si elle ne me reconnaît pas.

    La fille est à moi. J’ignore pourquoi je la retrouve toujours, mais cela n’a pas d’importance. Je la veux, et le fait qu’elle n’ait encore jamais été mienne fait bouillir mon sang. Elle ne m’échappera pas, cette fois.

    Ce soir, c’est l’équinoxe. Il n’y a pas la moindre raison de fêter ceci, mais mes camarades estudiantins ont organisé une soirée. Cette fête n’est qu’un prétexte à une avalanche d’alcool et de débauche, mais la perspective me réjouit autant qu’eux. Dans cette vie, je peux m’amuser et je ne m’en prive pas. 

    J’ai bien l’intention de l’inviter. Cette fois, la fille sera à moi. Peu importe sa destinée et la mienne, je suis un dieu et je n‘en ai cure. Rien ne se mettra en travers de nos chemins.

    Quand le rideau de fortune glisse le long de la scène pour la dissimuler au regard du public, je n’attends pas une seconde pour me précipiter vers la fille qui tamponne son front luisant de transpiration d’un revers de manche. Son visage rayonne, ses yeux scintille et quelque chose creuse douloureusement mon estomac. Elle est superbe.

    Je m’approche d’elle d’un pas tranquille et élégant, pour lui faire la meilleure impression possible. Elle me regarde avancer sans rien dire. Elle a le regard tranquille et le sourire serein. Elle n’a pas changé. Je lui tends la main avec un sourire admiratif. Je n’ai même pas besoin de me forcer.

    – Vous étiez extraordinaire. Permettez-moi de me présenter, Walter. Pour vous servir.

    Mes manières soulèvent les coins de ses lèvres en une moue amusée. Elle prend ma main et m’offre une poignée de main franche et chaleureuse. Sentir la douceur de sa peau sur la mienne me procure un frisson délicieux dans tout le corps.

    – Merci pour le compliment. Moi, c’est Helen.

    Elle est simple et directe, comme elle l’est tout le temps. Je ne lâche pas sa main. Helen… Après le nuage, l’étoile et le ciel, voilà qu’elle s’est réincarnée en l’astre solaire. Vient-elle du ciel, comme ses divers prénoms semblent me faire croire ? Je plonge mes yeux dans les siens, d’un bleu pur, comme le ciel en plein été. J’éprouve de plus en plus de curiosité à son encontre. Je vois dans son regard que la curiosité est partagée. Je ressens vaguement dans son esprit qu’elle se demande si elle me connaît. Elle ne devrait pas se poser cette question.

    Mais qui est-elle donc ?

    Le reste de sa troupe l’appelle à grands cris et elle détourne son regard du mien, bien qu’à contrecœur. Elle m’adresse un sourire, s’excusant à moitié, puis sa main s’échappe de la mienne et elle s’éloigne, vers les autres éphémères et loin de moi. Ma main, à présent vide, brûle désagréablement. Tout mon corps tremble de douleur et de chaleur. Je sens la fièvre qui monte.

    Il ne faut pas qu’elle s’éloigne de moi. Je ne dois pas la perdre, pas cette fois, pas encore. L’éloignement est insupportable.

    Comment ai-je pu vivre déjà vingt ans sans elle à mes côtés ? Il faut que je la suive. Je ne la lâcherais pas, elle est du genre à s’évaporer trop vite. Il me suffirait de détourner le regard… non.

    Pas cette fois.

    Je me mets dans un coin, suffisamment près pour ne pas souffrir de l’éloignement et j’attends que la troupe finisse de se congratuler. Quand les éphémères finissent par se séparer, je m’empresse de suivre la fille, qui m‘attend. J’ai vu son regard se tourner vers moi plusieurs fois, et son sourire, qui m’était adressé, à chaque fois, retournait mes entrailles.

    Même si elle ignore tout du principe de la réincarnation, qu’elle-même n’est qu’un maillon de plus dans la chaîne de son cycle, je ne la laisse pas indifférente.

    C’est plus qu’une attirance pour le charme que je dégage en tant que dieu. Elle sent une connexion entre nous.

    Je m’empare de son bras, avec prudence. Si je prenais sa main, je m’embraserais aussitôt. Je sens que je serais capable de tout lui dire sur moi, et il ne faut pas. Il ne faut pas révéler notre nature aux éphémères. C’est une règle dictée par le créateur et je ne suis pas assez puissant pour m’opposer à lui. Je n’en ai même pas envie.

    J’adresse un sourire à la fille, qui me le retourne. Elle est si éclatante. J’ai envie de lui voler un baiser. A la place, je préfère entamer la conversation :

    – Êtes-vous libre ce soir ?

    Helen me jette un regard où se mêlent diverses émotions : tendresse et amusement mais aussi suspicion, curiosité et doute. Mais la curiosité l’emporte et elle hoche positivement la tête.

    – Que me proposez-vous ?

    – Quelques amis organisent une petite fête à l’occasion de l’équinoxe dans un bar près d’Oriel College…

    – Une soirée estudiantine ?

    Elle hausse les sourcils et je préfère prendre le devant sur une remarque un peu moqueuse qui ne tarderait pas à arriver :

    – Nous ne sommes pas obligés de rester longtemps.

    Elle mordille un peu sa lèvres et l’envie de le faire moi-même m’enflamme subitement. Peut-être, quitte à me faire repousser, aurais-je dû proposer une soirée plus… intime.

    – Pourquoi pas, finit-elle par se décider. De toute façon, je n’ai rien de prévu.

    Je retiens un cri de triomphe. Elle est à moi. 

    Pour me montrer son assentiment, elle referme son bras sur le mien et je n’attends pas plus longtemps pour l’entraîner avec moi. Sa proximité gonfle mon cœur d’allégresse, fait bouillonner tout mon corps. Je voudrais que la soirée soit déjà finie pour l’avoir à moi, complètement, entièrement. Nous rejoignons nos amis et si quelques remarques s’élèvent à me voir en aussi charmante compagnie, je ne suis pas le seul à avoir ramené une fille. Helen passe donc un peu inaperçue au milieu des autres et c’est tant mieux. Elle est à moi seul, il n’est pas question que quiconque d’autre que moi pose les yeux sur elle. Tous ensembles, nous nous dirigeons vers le bar, qui appartient au père d’un de mes amis. Le bar ne sera pas à nous pour la soirée, mais nous pourrons au moins y dormir la nuit. 

    Nous avons l’intention de boire beaucoup. Je tiens plutôt bien l’alcool et je ne m’inquiète pas. Certains de mes camarades s’en sortent cependant bien moins que moi. Helen boit, aussi, assez peu modérément mais semble parfaitement consciente, bien que joyeuse. Je m’amuse beaucoup plus que je ne le pensais. Certains clients du bar chantent et font de la musique. Je l’invite à danser, je fais semblant de ne rien y connaître et elle prend mes mains pour me guider. Mes bras entourent ses hanches et elle est soudain collée contre moi. Nos bouches se frôlent, nos souffles se mélangent. Le désir m’assaille.

    – Il est déjà bien tard, murmure-t-elle.

     Je comprend son allusion : il n’est pas question que je laisse passer ma chance. Je la serre plus fort contre moi et ma bouche trouve la sienne, tendue dans l’attente. Le baiser qu’elle m’offre fait exploser le feu à l’intérieur de mon être. Je ne peux plus tenir et je l’entraîne avec moi à l’étage, où se situent les chambres qui sont censées nous recevoir. Certains couples se sont déjà éclipsés, nous ne serons pas les seuls à nous aimer cette nuit. 

    Mais que m’importe les autres amours et les autres couples. Pour moi, il n’y a que la fille venue des cieux qui importe. La chaleur qui irradie d’elle me tourne la tête. L’impatience et le désir me consument et je m’empresse de trouver une chambre de libre pour nous y enfermer.

    Personne ne nous dérangera.

    Un bouquet de tournesols dans un coin illumine toute la chambre. Ce n’est qu’une coïncidence, mais elle me trouble. Toujours le soleil, comme un rappel à son prénom, à ce qu’elle représente à chaque incarnation. 

    La fille du ciel.

    Je la rapproche de moi et embrasse sa bouche, son visage, sa gorge, ses épaules. Sa peau est brûlante et elle répond à mes baisers par des caresses et des gémissements langoureux. Ses vêtements m’embarrassent rapidement et je les ôte sans précautions. Elle n’est pas en reste, ses mains fouillent mon corps pour me débarrasser de ce qui la gêne. Quand nos deux corps se retrouvent nus, peau contre peau, je perds tout sens commun. Je ne suis plus que sensation et chaleur, caressant, embrassant, touchant et subissant la même douce torture en retour.

    Je ne vois plus qu’elle, sa peau hâlée par le soleil, ses yeux pétillants, ses boucles brunes qui s’étalent sur ses épaules et sa poitrine ferme qui se tend sous mes doigts. Je bouillonne. Le désir me mord le ventre et tend mon sexe de manière presque douloureuse tant j’ai envie d’être en elle. 

    Je me laisse tomber à genoux et m’empare de ses cuisses, que j’écarte avec délicatesse, pour ne pas lui faire perdre l’équilibre. Elle se positionne de manière à me laisser le champ libre et je plonge mon visage dans son intimité. Son sursaut, accompagné d’un couinement, me fait sourire quand je l’embrasse légèrement. Mais je n’ai pas l’intention de m’arrêter là. Je caresse l’intérieur de ses cuisses et poursuit mes attouchements. 

    Ses mains fouillent dans mes cheveux, elle soupire et gémit des mots qui n’ont pas de sens. Cela n’a pas d’importance. Au contraire, c’est le but recherché. Je veux marquer son corps et son esprit de manière indélébile, que jamais elle ne puisse m’oublier. Quand elle se contracte et crie de plaisir, je sens ma limite se briser. Je me relève promptement la prend dans mes bras pour la conduire sur le lit. 

    Le visage de la fille des cieux est rose du plaisir que je lui ai donné, son souffle erratique. Je pars à conquête de son corps pour lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Je peux bien lui accorder une pause. Je n’ai pas l’intention de la laisser beaucoup dormir cette nuit. J’ai envie d’être en elle, de serrer son corps jusqu’à étouffer, jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, jusqu’à ce que nous nous embrasions d’amour et de plaisir.

    Je ne pas comment elle peut être encore là, pour la quatrième fois, pourquoi elle apparaît toujours devant moi et encore moins si nos rencontres ont une raison ou un but.

    Mais tout ça n’a pas d’importance. Cette fois encore, je l’aime.


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