• Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente du 30 septembre 2016. Le sujet principal était "La rentrée". Chaque heure, une phrase sera tirée au sort : elle devra apparaître obligatoirement dans le texte final. Le première phrase de la soirée était "Il/elle passe entre les visiteurs du salon de la rentrée littéraire à la poursuite du malotru qui a renversé son verre sur sa chemise."

     Avertissement : Le rating des textes sur ce site est M. Toujours.

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    Le chemisier

    Fandom : Voltron Legendary Defender

    Couple : Allura x Lance (Hétéro)

    Allura passe entre les visiteurs du salon de la rentrée littéraire à la poursuite du malotru qui a renversé son verre sur sa chemise. Un modèle en organdi hors de prix de Lagerfeld ! Elle ignore si les dégâts peuvent être rattrapés.

    Elle paiera le pressing en vendant les organes de cet abruti !

    Il porte une veste bleu cobalt. Entre tous ces gens habillés en noir et blanc, ça ne doit pas être difficile de le repérer. En plus, il riait fort et s’agitait beaucoup, il n’a sûrement même pas remarqué qu’il l’avait bousculée. Elle va se faire un plaisir de lui faire savoir. 

    Des éclats de voix la guident dans la bonne direction. Elle voit déjà du bleu.

    Sa main se tend et agrippe une capuche avec la force d’un étau.

    – Hé, l’abruti !

    Elle tire sur la capuche en y mettant les formes et fait pivoter le garçon vers elle. Sa main encore libre se ferme en poing et cueille un visage basané dans un craquement impressionnant. Allura lâche la capuche juste avant l’impact, laissant le garçon s’écraser au sol sans éprouver le moindre remords.

    Ça soulage.

    Des sifflets moqueurs et des applaudissements saluent le geste de la jeune femme. Les trois garçons qui accompagnaient l’imbécile en bleu n’ont pas l’air de compatir du tout à son sort. Leurs regards sont admiratifs et elle se sent sacrément fière d’elle. Ça ne réparera pas les dégâts causés à son chemisier, mais au moins, elle s’est vengée.

    Au sol, le garçon se redresse, le visage tordu par la colère. Allura le remarque tout à coup grand et mince, avec des muscles discrets mais présents et une peau sépia, plus claire que la sienne. Il est mignon, plutôt son genre en fait.

    – Qu’est-ce qui te prend ? ! rugit le beau garçon.

    Il a beau être à son goût, Allura n’oublie toutefois pas sa colère. Le regard flamboyant, elle désigne la large tâche orangée qui décore son superbe chemisier blanc nacré.

    – Voilà ce qui me prend, crache-t-elle avec hargne. Tu pourrais t’excuser peut-être, tu ne crois pas ?

    Sa question est purement théorique, elle ne supportera aucune dérobade. Le garçon doit s’excuser et il le fera, peu importe si elle doit l’obliger ! Un petit silence s’ensuit alors que le garçon fixe la tâche d’un air un peu hébété. Évidemment, songe la jeune femme avec agacement, il ne s’est vraiment pas rendu compte de sa bêtise !

    – C’est de ma faute ? demande bêtement le garçon.

    – Bien sûr ! Tu crois que ça m’amuse de tabasser des gens innocents ou quoi ? !

    Le garçon esquisse un sourire de côté. Un sourire un peu canaille, digne d’un bad boy qui se sait mignon et en joue. Ce sourire fait remonter un frisson le long du dos d’Allura : un sourire comme ça, elle le croquerait bien !

    – Je suis sûr que votre joli minois cache une âme de dominante… susurre le garçon.

    Allura pique un fard monumental : le sous-entendu ne lui a pas échappé, ni à aucun des amis du garçon. Ceux-ci ricanent sans se cacher. Le garçon en bleu finit par se relever, sans se départir de son sourire charmeur si lâcher des yeux le chemisier d’Allura. Celle-ci réalise bien vite qu’il ne fixe pas forcément la tâche, située au niveau de son ventre. Son regard est placé légèrement plus haut. Elle ne le reprend pas.

    – Voilà une fort belle tâche, dit-il en prenant un air sérieux. Vaste, épanouie. Un modèle de tâche.

    Il ne parle clairement pas de la tâche. Allura essaie de se mettre en colère, mais elle n’y arrive pas. Le regard bleu, la peau qui semble douce, le sourire craquant, la posture nonchalamment étudié, tout en ce Casanova l’attire. Il a tout ce qu’elle aime et elle se perd dans sa voix suave.

    – Arrête un peu tes délires, Lance, intervient le plus brun du groupe, un brun élancé au regard perçant. Dis pardon à la demoiselle. 

    À présent, Allura connaît le prénom du garçon à la veste bleue. Lance. Ce prénom sonne bien. Elle apprécie.

    – J’t’ai rien demandé, Keith, réplique Lance avec un geste vulgaire de la main. J’vais m’excuser, bien sûr, mais je vais y mettre les formes, je suis pas un rustre comme toi.

    – J’t’emmerde, marmonne le brun entre ses dents.

    Lance se tourne à nouveau vers Allura et esquisse une demi-révérence extravagante. Elle retient tant bien que mal son fou rire mais ses lèvres s’étirent bien malgré elle.

    Il est drôle.

    – Je vous prie d’excuser toutes mes excuses pour le terrible dommage que je vous ai causé, charmante princesse, dit-il d’une voix empruntée. Je ferais bien sûr tout ce qui est en mon pouvoir pour réparer cet affront.

    Il se saisit de sa main et la porte à ses lèvres, y posant un baiser délicat. La jeune femme sent ses jambes trembler légèrement : ce geste lui fait un sacré effet.

    – L-le réparer ? Comment ?

    Elle se mord la lèvre quand elle réalise qu’elle a bafouillé. En l’espace de quelques paroles charmeuses, d’un sourire bien trop craquant et d’un baisemain, non seulement Lance a fait fondre sa colère, mais a aussi commencé à la séduire.

    Ce garçon est bien trop doué !

    – Hé bien, je vais tout simplement emprunter ton chemisier pour enlever cette vilaine tâche… répond Lance comme si c’était une évidence.

    Allura se sent rougir. Elle regarde autour d’elle pour vérifier que personne ne les écoute : les amis de Lance se sont éloignés, peu intéressé par son numéro de drague. Elle est soulagée : son problème n’a pas besoin de s’ébruiter. Elle se penche vers le jeune homme à la veste bleue pour parler le moins fort possible.

    L’aveu lui coûte cher.

    – Je… je n’ai rien pour me changer…

    Le sourire de Lance s’élargit.

    – Je peux arranger ça, assure t-il. Tu n’as qu’à me suivre, si tu n’as pas peur que je te mange crue dans un coin sombre.

    Un gloussement mi-moqueur mi-gêné échappe à la jeune femme. Elle n’a pas peur qu’il la mange crue dans un coin sombre. À vrai dire, elle en aurait même plutôt très envie ! C’est bien pour que ça quand Lance lui tend la main, elle la saisit sans la moindre hésitation. Le beau jeune homme l’entraîne à travers le salon bondé, vers les toilettes où les gens ne cessent d’aller et venir. 

     Hum… c’est un peu embouteillé dans le coin, note Lance. On a pas le temps d’attendre, le chemisier crie au secours, je l’entends d’ici.

    Allura rit. La blague n’est pas forcément drôle, mais en compagnie de Lance, sa main dans la sienne, tout semble facile. Elle se doute que la vie en sa compagnie doit toujours être simple et joyeuse. Sans avoir l’air de douter un seul instant, le garçon les entraîne à travers le salon, emprunte des couloirs déserts et s’enfonce de plus en plus dans le bâtiment, dans des endroits où ils n’ont sûrement pas le droit d’aller. Allura s’inquiète un peu mais il n’y a personne pour les arrêter et Lance continue sa route. Il a l’air de savoir où il va. 

    Et au final, il finit réellement par trouver des toilettes, au bout d’un couloir, après qu’ils aient franchi une porte marqué « Privé ». Ça ne l’a pas arrêté. 

     Nous voilà enfin tranquilles, dit Lance avec un clin d’œil.

    D’un geste rapide, il ôte sa veste et la tend à Allura. Celle-ci fixe le vêtement, les sourcils froncés en guise d’incompréhension. Le garçon s’explique : 

     Donne-moi ton chemisier et enfile ça. Je m’en voudrais que tu prennes froid.

    C’est un geste délicat. Il se tourne même pour qu’elle conserve de l’intimité pendant qu’elle déboutonne son chemisier et enfile la veste. Elle songe un instant à ne pas la zipper, pour voir la réaction de Lance, puis chasse cette idée indécente de son esprit. Elle remonte la fermeture éclair aussi haut que possible et tend le chemisier au garçon.

     Tu vas arriver à enlever la tâche ?

     T’inquiète, je gère !

    Il prend le chemisier et le passe sous l’eau en malaxant doucement le tissu. Il ajoute du savon et continue à frotter avec des gestes experts, comme s’il avait fait ça toute sa vie. Allura observe ses mains avec fascination. Sous les doigts fins et agiles, le jus de fruits s’estompe. La tâche ne partira pas complètement de cette façon, elle en est bien consciente, mais il a déjà grandement réduit les dégâts.

    Par contre, son chemisier est trempé maintenant, elle ne pourra plus le porter aujourd’hui. Elle se demande si Lance a pensé à ça, et qu’il a l’intention de lui laisser sa veste. Elle est tellement occupée à fixer Lance qu’elle ne remarque même pas que ce dernier l’observe aussi, délaissant petit à petit le vêtement dont la trace a désormais pâli.

     J’ai envie de t’embrasser, avoue t-il de but en blanc.

    Allura en reste sans voix. C’est la première fois qu’un garçon se montre aussi direct avec elle. Ce n’est pas pour lui déplaire. Le regard ardent de Lance sur elle lui procure des sensations inédites : il n’est pas du genre à s’embarrasser de détails inutiles ou de faire semblant.

    Oui, vraiment ça lui plaît.

    Elle hoche la tête, donnant l’autorisation. Le sourire de Lance n’est plus du tout séducteur : à présent, il est doux et sincère, et il la fait chavirer.

    Ses mains humides encadrent son visage et le rapproche du sien. Allura ferme les yeux quand leurs lèvres s’effleure, avec une douceur confondante. Son corps se réchauffe brutalement sous ces attouchements délicats. Elle tend les mains pour attraper le tee-shirt de Lance et l’attirer vers elle. Leurs corps se collent l’un contre l’autre alors que les baisers se font plus profonds et plus fiévreux.

    Ils sont si loin du salon qu’ils sont sûrs que personne ne les entendra.

    Lance descend la fermeture éclair qu’Allura a fermé à peine quelques instants auparavant. Celle-ci n’est pas en reste et ôte son tee-shirt avec empressement. Les dernières barrières tombent alors qu’ils se déshabillent réciproquement le plus vite possible. Le contact peau contre peau leur semble soudain indispensable. Les baisers et les caresses se multiplient, se font plus pressantes, plus intimes alors que la chaleur grandit dans leurs corps. Allura tient Lance, qui ne cesse de lui murmurer à quel point il la trouve belle, étroitement serré contre elle.

    Quand, enfin, ils finissent par s’unir, elle ne retient plus ses gémissements. Il lui semble que Lance sait exactement quoi faire, comment agir, comme s’il la connaissait depuis toujours. Le désir palpitant dans ses veines, elle s’empare des lèvres de son amant en ondulant des hanches, l’incitant à poursuivre ses mouvements. Elle a l’impression d’être déjà accro aux lèvres du beau jeune homme et songe vaguement qu’elle n’a pas l’intention de le laisser filer après leur petit moment volé dans un coin isolé au beau milieu d’un salon littéraire. 

    Une si belle rencontre vaut bien un chemisier tâché.


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  • Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente du 25 Mars 2016. Le sujet principal était "les noms de fleurs à double sens". Le troisième thème de la soirée était "soleil (tournesol)", les mots à placer étant : flamboyant, destinée et équinoxe

    La comédienne d'Oxford (Hétéro)

    Fandom : Original 

    Contexte : Un dieu et une mortelle, dans un cycle de réincarnations, se retrouvent vie après vie dans différentes époques, différents pays. Ils se sont croisés déjà plusieurs fois dans des vies antérieures et se sont aimés sans jamais pouvoir concrétiser cet amour. 

    Ils se rencontrent à nouveau, dans l'Angleterre de l'ère élisabéthaine où ils pourront s'aimer pour la première fois.

    .

    Ses cheveux sont d’un brun chaud qui pétille sous le soleil flamboyant de l‘automne. Ses yeux sont d’un bleu céleste et son sourire, je le reconnaitrais entre mille. Voilà déjà la quatrième fois que je le retrouve, je peux maintenant reconnaître la fille.

    Je ne m’attendais pas à la voir ici, sur la scène d’un théâtre en Angleterre. La dernière fois… quand était-ce déjà ? Je ne sais plus. Nous étions chinois. Mais cela n’a plus d’importance. 

    Voilà si longtemps que je ne t’avais pas vue, étrange fillette. Je pensais que nos trois précédentes rencontres n’étaient que le fruit du hasard, mis tu te présentes à nouveau devant moi. Me poursuis-tu ? Où le destin, cruel farceur, a-t-il décidé de me jouer un tour ? Moi qui suis un dieu, à l’existence immortelle, je ne devrais pas prêter attention à une éphémère, peu importe le nombre de fois que je la rencontre.

    Elle est belle.

    D’autres acteurs sont présents sur scène mais je ne vois qu‘elle - et je ne suis pas le seul. Sa présence éclipse toutes les autres, elle est solaire, éclatante, magnifique. Un bouquet de tournesols à la main, elle tourbillonne et attire toute l’attention. Que fait une fille pareille sur la scène bricolée à la hâte d’un spectacle de rue ? Avec son talent, sa place serait sur les planches des plus grands théâtres.

    Je suis subjugué. Il faut que je lui parle. Mon intuition ne me trompe jamais, mais je veux entendre le son de sa voix. Je veux sentir son parfum. Je veux toucher sa main, juste pour être sûr qu’elle est bien réelle.

    Il faut qu’elle me voie.

    Mes amis ne prêtent pas attention à moi : ils sont à moitié occupés à se saouler, l’autre à observer la pièce. Je me lève d’un bond et je me faufile à travers la foule pour me rapprocher de la scène. Un drap est tendu à l’arrière pour dissimuler les coulisses et je m’y faufile, plus discret qu’une ombre. Personne ne peut me remarquer si je n’en ai pas envie : les avantages de posséder des pouvoirs inhumains.

    Le drap passé, c’est la cacophonie. La troupe est en ébullition, les gens courent partout. Ils ne m’intéressent pas et je me faufile jusqu’à la scène. Je trouve une place parfaite d’où je peux observer la fille de près.

    Elle est à seulement deux mètres de moi. Ma gorge est étonnement sèche. J’ai du mal à déglutir. Je me sens trembler.

    Elle m’aperçoit. Pas une émotion qui ne devrait pas entrer dans son rôle ne froisse son visage parfait et elle se détourne aussitôt. Je brûle d’impatience alors que passent les minutes, horriblement longues. Que n’ai-je pas le pouvoir d’accélérer le temps pour être au plus vite en compagnie de la fille ! Je veux lui parler, la toucher, faire en sorte qu’elle me connaisse, même si elle ne me reconnaît pas.

    La fille est à moi. J’ignore pourquoi je la retrouve toujours, mais cela n’a pas d’importance. Je la veux, et le fait qu’elle n’ait encore jamais été mienne fait bouillir mon sang. Elle ne m’échappera pas, cette fois.

    Ce soir, c’est l’équinoxe. Il n’y a pas la moindre raison de fêter ceci, mais mes camarades estudiantins ont organisé une soirée. Cette fête n’est qu’un prétexte à une avalanche d’alcool et de débauche, mais la perspective me réjouit autant qu’eux. Dans cette vie, je peux m’amuser et je ne m’en prive pas. 

    J’ai bien l’intention de l’inviter. Cette fois, la fille sera à moi. Peu importe sa destinée et la mienne, je suis un dieu et je n‘en ai cure. Rien ne se mettra en travers de nos chemins.

    Quand le rideau de fortune glisse le long de la scène pour la dissimuler au regard du public, je n’attends pas une seconde pour me précipiter vers la fille qui tamponne son front luisant de transpiration d’un revers de manche. Son visage rayonne, ses yeux scintille et quelque chose creuse douloureusement mon estomac. Elle est superbe.

    Je m’approche d’elle d’un pas tranquille et élégant, pour lui faire la meilleure impression possible. Elle me regarde avancer sans rien dire. Elle a le regard tranquille et le sourire serein. Elle n’a pas changé. Je lui tends la main avec un sourire admiratif. Je n’ai même pas besoin de me forcer.

    – Vous étiez extraordinaire. Permettez-moi de me présenter, Walter. Pour vous servir.

    Mes manières soulèvent les coins de ses lèvres en une moue amusée. Elle prend ma main et m’offre une poignée de main franche et chaleureuse. Sentir la douceur de sa peau sur la mienne me procure un frisson délicieux dans tout le corps.

    – Merci pour le compliment. Moi, c’est Helen.

    Elle est simple et directe, comme elle l’est tout le temps. Je ne lâche pas sa main. Helen… Après le nuage, l’étoile et le ciel, voilà qu’elle s’est réincarnée en l’astre solaire. Vient-elle du ciel, comme ses divers prénoms semblent me faire croire ? Je plonge mes yeux dans les siens, d’un bleu pur, comme le ciel en plein été. J’éprouve de plus en plus de curiosité à son encontre. Je vois dans son regard que la curiosité est partagée. Je ressens vaguement dans son esprit qu’elle se demande si elle me connaît. Elle ne devrait pas se poser cette question.

    Mais qui est-elle donc ?

    Le reste de sa troupe l’appelle à grands cris et elle détourne son regard du mien, bien qu’à contrecœur. Elle m’adresse un sourire, s’excusant à moitié, puis sa main s’échappe de la mienne et elle s’éloigne, vers les autres éphémères et loin de moi. Ma main, à présent vide, brûle désagréablement. Tout mon corps tremble de douleur et de chaleur. Je sens la fièvre qui monte.

    Il ne faut pas qu’elle s’éloigne de moi. Je ne dois pas la perdre, pas cette fois, pas encore. L’éloignement est insupportable.

    Comment ai-je pu vivre déjà vingt ans sans elle à mes côtés ? Il faut que je la suive. Je ne la lâcherais pas, elle est du genre à s’évaporer trop vite. Il me suffirait de détourner le regard… non.

    Pas cette fois.

    Je me mets dans un coin, suffisamment près pour ne pas souffrir de l’éloignement et j’attends que la troupe finisse de se congratuler. Quand les éphémères finissent par se séparer, je m’empresse de suivre la fille, qui m‘attend. J’ai vu son regard se tourner vers moi plusieurs fois, et son sourire, qui m’était adressé, à chaque fois, retournait mes entrailles.

    Même si elle ignore tout du principe de la réincarnation, qu’elle-même n’est qu’un maillon de plus dans la chaîne de son cycle, je ne la laisse pas indifférente.

    C’est plus qu’une attirance pour le charme que je dégage en tant que dieu. Elle sent une connexion entre nous.

    Je m’empare de son bras, avec prudence. Si je prenais sa main, je m’embraserais aussitôt. Je sens que je serais capable de tout lui dire sur moi, et il ne faut pas. Il ne faut pas révéler notre nature aux éphémères. C’est une règle dictée par le créateur et je ne suis pas assez puissant pour m’opposer à lui. Je n’en ai même pas envie.

    J’adresse un sourire à la fille, qui me le retourne. Elle est si éclatante. J’ai envie de lui voler un baiser. A la place, je préfère entamer la conversation :

    – Êtes-vous libre ce soir ?

    Helen me jette un regard où se mêlent diverses émotions : tendresse et amusement mais aussi suspicion, curiosité et doute. Mais la curiosité l’emporte et elle hoche positivement la tête.

    – Que me proposez-vous ?

    – Quelques amis organisent une petite fête à l’occasion de l’équinoxe dans un bar près d’Oriel College…

    – Une soirée estudiantine ?

    Elle hausse les sourcils et je préfère prendre le devant sur une remarque un peu moqueuse qui ne tarderait pas à arriver :

    – Nous ne sommes pas obligés de rester longtemps.

    Elle mordille un peu sa lèvres et l’envie de le faire moi-même m’enflamme subitement. Peut-être, quitte à me faire repousser, aurais-je dû proposer une soirée plus… intime.

    – Pourquoi pas, finit-elle par se décider. De toute façon, je n’ai rien de prévu.

    Je retiens un cri de triomphe. Elle est à moi. 

    Pour me montrer son assentiment, elle referme son bras sur le mien et je n’attends pas plus longtemps pour l’entraîner avec moi. Sa proximité gonfle mon cœur d’allégresse, fait bouillonner tout mon corps. Je voudrais que la soirée soit déjà finie pour l’avoir à moi, complètement, entièrement. Nous rejoignons nos amis et si quelques remarques s’élèvent à me voir en aussi charmante compagnie, je ne suis pas le seul à avoir ramené une fille. Helen passe donc un peu inaperçue au milieu des autres et c’est tant mieux. Elle est à moi seul, il n’est pas question que quiconque d’autre que moi pose les yeux sur elle. Tous ensembles, nous nous dirigeons vers le bar, qui appartient au père d’un de mes amis. Le bar ne sera pas à nous pour la soirée, mais nous pourrons au moins y dormir la nuit. 

    Nous avons l’intention de boire beaucoup. Je tiens plutôt bien l’alcool et je ne m’inquiète pas. Certains de mes camarades s’en sortent cependant bien moins que moi. Helen boit, aussi, assez peu modérément mais semble parfaitement consciente, bien que joyeuse. Je m’amuse beaucoup plus que je ne le pensais. Certains clients du bar chantent et font de la musique. Je l’invite à danser, je fais semblant de ne rien y connaître et elle prend mes mains pour me guider. Mes bras entourent ses hanches et elle est soudain collée contre moi. Nos bouches se frôlent, nos souffles se mélangent. Le désir m’assaille.

    – Il est déjà bien tard, murmure-t-elle.

     Je comprend son allusion : il n’est pas question que je laisse passer ma chance. Je la serre plus fort contre moi et ma bouche trouve la sienne, tendue dans l’attente. Le baiser qu’elle m’offre fait exploser le feu à l’intérieur de mon être. Je ne peux plus tenir et je l’entraîne avec moi à l’étage, où se situent les chambres qui sont censées nous recevoir. Certains couples se sont déjà éclipsés, nous ne serons pas les seuls à nous aimer cette nuit. 

    Mais que m’importe les autres amours et les autres couples. Pour moi, il n’y a que la fille venue des cieux qui importe. La chaleur qui irradie d’elle me tourne la tête. L’impatience et le désir me consument et je m’empresse de trouver une chambre de libre pour nous y enfermer.

    Personne ne nous dérangera.

    Un bouquet de tournesols dans un coin illumine toute la chambre. Ce n’est qu’une coïncidence, mais elle me trouble. Toujours le soleil, comme un rappel à son prénom, à ce qu’elle représente à chaque incarnation. 

    La fille du ciel.

    Je la rapproche de moi et embrasse sa bouche, son visage, sa gorge, ses épaules. Sa peau est brûlante et elle répond à mes baisers par des caresses et des gémissements langoureux. Ses vêtements m’embarrassent rapidement et je les ôte sans précautions. Elle n’est pas en reste, ses mains fouillent mon corps pour me débarrasser de ce qui la gêne. Quand nos deux corps se retrouvent nus, peau contre peau, je perds tout sens commun. Je ne suis plus que sensation et chaleur, caressant, embrassant, touchant et subissant la même douce torture en retour.

    Je ne vois plus qu’elle, sa peau hâlée par le soleil, ses yeux pétillants, ses boucles brunes qui s’étalent sur ses épaules et sa poitrine ferme qui se tend sous mes doigts. Je bouillonne. Le désir me mord le ventre et tend mon sexe de manière presque douloureuse tant j’ai envie d’être en elle. 

    Je me laisse tomber à genoux et m’empare de ses cuisses, que j’écarte avec délicatesse, pour ne pas lui faire perdre l’équilibre. Elle se positionne de manière à me laisser le champ libre et je plonge mon visage dans son intimité. Son sursaut, accompagné d’un couinement, me fait sourire quand je l’embrasse légèrement. Mais je n’ai pas l’intention de m’arrêter là. Je caresse l’intérieur de ses cuisses et poursuit mes attouchements. 

    Ses mains fouillent dans mes cheveux, elle soupire et gémit des mots qui n’ont pas de sens. Cela n’a pas d’importance. Au contraire, c’est le but recherché. Je veux marquer son corps et son esprit de manière indélébile, que jamais elle ne puisse m’oublier. Quand elle se contracte et crie de plaisir, je sens ma limite se briser. Je me relève promptement la prend dans mes bras pour la conduire sur le lit. 

    Le visage de la fille des cieux est rose du plaisir que je lui ai donné, son souffle erratique. Je pars à conquête de son corps pour lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Je peux bien lui accorder une pause. Je n’ai pas l’intention de la laisser beaucoup dormir cette nuit. J’ai envie d’être en elle, de serrer son corps jusqu’à étouffer, jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, jusqu’à ce que nous nous embrasions d’amour et de plaisir.

    Je ne pas comment elle peut être encore là, pour la quatrième fois, pourquoi elle apparaît toujours devant moi et encore moins si nos rencontres ont une raison ou un but.

    Mais tout ça n’a pas d’importance. Cette fois encore, je l’aime.


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  • Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente du 30 Janvier 2015. Le sujet principal était "les bonnes résolutions". Le troisième thème de la soirée était "flirter plus souvent", les mots à placer étant : érotique, provoquer et sensualité. 

    Pour un flirt avec toi (Yuri)

    Fandom : HeartCatch Precure

    Couple : Tsubomi Hanasaki/Cure Blossom x Itsuki Myodoin/Cure Sunshine

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    Un regard en coin et Tsubomi se sentit rougir. Itsuki la lorgnait depuis le début des cours, depuis qu’elle avait décidé qu’il serait bon de rafraîchir un peu leur idylle. Comment faire ? s’était étonné la jeune fille qui trouvait leur relation très bien comme elle l’était. Sa petite amie l’avait alors embrassée sur les deux joues en lui disant qu’elle allait flirter avec elle comme si elles n’étaient pas encore ensemble.

    Et maintenant, Tsubomi comprenait. Cette nouvelle situation était plaisante - oserait-elle dire excitante ? - mais tout autant difficile à appréhender. Itsuki et elle étaient tombées amoureuses sans vraiment s’en rendre compte et tout aussi naturellement, s’étaient un jour pris la main lors d’une balade. Elles avaient alors compris leurs sentiments réciproques et tout s’était enchaîné en douceur. En notant les regards énamourés qu’elles échangeaient, Erika avait bondi en clamant qu’il était enfin temps qu’elles réalisent.

    Leur relation était tout en tendresse et Tsubomi aimait ça. Mais elle aimait aussi les tout nouveaux regards enflammés que lui adressait Itsuki de sa place. Les années passées avaient affirmé le caractère de l’ancienne Sunshine. Elle portait l’uniforme masculin customisé sur des cheveux longs détachés, ce style qui n’allait qu’à elle. Elle était belle et son idée était en effet rafraîchissante. Faisant preuve d’un courage qu’elle ne s’imaginait pas posséder, Tsubomi tira la langue à sa petite amie et fut récompensée par un clin d’œil aguicheur. Elle rougit davantage en songeant à ce qui pourrait se passer entre elles, dans l’intimité d’un de leurs chambres. Elles avaient passé le cap des simples baisers et caresses en seconde année de lycée. Itsuki avait peut-être une idée… érotique derrière la tête…

    — Tu vas finir par prendre feu, murmura Erika en la poussant du coude.

    Tsubomi devint écarlate face à la taquinerie et essaya de penser à autre chose. Penser à ses moments intimes avec sa petite-amie en cours n’était pas très judicieux. Elle se concentra alors sur ce que disait le professeur pour occulter la présence brûlante d’Itsuki à seulement quelques mètres. Mais elle avait hâte que la fin de la journée arrive…

    — Sérieusement, moi aussi, je veux un petit ami ! soupira bruyamment Erika en balançant vigoureusement son sac d’avant en arrière. Ce que tu as comme chance, Tsubomi !

    La rousse ne répondit, les joues roses, encore rêveuse du baiser passionné que lui avait offert Itsuki avant qu’elles se quittent pour rentrer chez elles. Erika parlait toute seule, comme d’habitude, ce qui ne la dérangeait même plus. Tsubomi avait bien l’impression que la méthode de sa petite amie fonctionnait : elle se sentait comme l’adolescente qu’elle était autrefois, le cœur palpitant d’un amour tout neuf. Elle pensait sans cesse à Itsuki et n’avait plus d’autre envie que d’être avec elle et se lover dans ses bras. Elle en avait perdu l’appétit et n’en dormait presque plus de la nuit. Elle ne savait pas s’il était possible de retomber amoureuse d’une personne que l’on aimait déjà mais le ressentait de cette manière. Elle en était ravie.

    — Je suis arrivée ! s’exclama Erika en s‘arrêtant devant la boutique de sa mère. Dis, demain, ça te dit de venir ? Une nouvelle collection est arrivée, on pourrait l’essayer !

    — Oh, bien sûr ! répondit joyeusement Tsubomi.

    A chaque nouvelle collection, la maman d’Erika la leur faisait découvrir en avant-première et les autorisait à faire des essayages. Elle se servait des photos prises à l’occasion de ces défilés pour se faire de la pub. La méthode fonctionnait très bien.

    — J’ai invité Itsuki et Yuri aussi, précisa Erika. Ça te fait plaisir, hein ? ajouta-t-elle avec satisfaction devant l’immense sourire de sa meilleure amie. Très bien, je vous attends demain !

    — A demain, la salua l’ancienne Blossom.

    Les deux amies se séparèrent et Tsubomi rentra chez elle. Après un sain goûter, l’adolescente monta dans sa chambre pour faire ses devoirs. Sur le bureau était posée la photo d’elle et ses amies en Precure qu’elle aimait tant. Elle sourit particulièrement devant le visage d’Itsuki et s’attela à la tâche. Elle réussit son japonais en un tour de main avant de s’abandonner de nouveau à la contemplation de la photo. Elle n’était pas encore amoureuse d’Itsuki à cette époque. Ou peut-être que si ? Ses sentiments envers la belle Precure étaient encore un peu flous quand elle était une collégienne.

    Penser à Itsuki provoqua un bouleversement dans son bas-ventre et Tsubomi frémit. Elles ne se verraient pas en toute intimité avant le dimanche, c’était si long…Abandonnant livres et cahiers, la jeune fille ferma ses rideaux et vint s’affaler sur son lit, gênée à l’idée de ce qu’elle allait faire mais ne pouvant pas s’en empêcher. Sa main glissa sous sa jupe et s’insinua sous sa culotte. Le contact de sa main fraîche sur son intimité brûlante fit frissonner la jeune fille et elle poussa un petit soupir de bien-être. Elle pensa à Itsuki qui la hantait depuis quelques jours et rougit davantage alors qu’elle bougeait doucement la main entre ses cuisses. Elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas laisser échapper le moindre bruit et se concentra sur son plaisir en pensant à Itsuki. La sonnette de l’entrée la fit sursauter et le mouvement léger qu’elle engendra faillit la faire crier. L’escalier craqua et elle s’empressa de remettre ses vêtements en place avant de farfouiller sur son bureau pour faire semblant d’être occupée. Un léger coup retentit à sa porte.

    — Tsubomi ? J’entre.

    Itsuki poussa la porte et nota en un seul coup d’œil l’attitude gênée de sa petite amie, ses joues rougies et ses yeux brillants ainsi que son léger essoufflement. De plus, le rideau tiré pour dissimuler l’activité dans la chambre était révélateur : Tsubomi ne fermait ses rideaux que pour cacher des occupations licencieuse. Elle n’aimait en général pas priver ses chères plantes de lumière.

    — Hé bien… tu t’occupes sans moi ? fit-elle semblant de se fâcher.

    — Je… je… bafouilla Tsubomi. Je pensais pas que tu viendrais…

    — Surprise !

    Itsuki éclata de rire et l’ancienne Precure l’imita. D’un mouvement synchronisé, elles se rejoignirent pour un baiser plein de tendresse. Itsuki joua avec une boucle de cheveux de sa bien-aimée et posa un baiser sur sa joue, la faisant fondre.

    — Tu m’as manqué, chuchota Tsubomi.

    — On s’est quittés, il y a une heure !

    La jeune fille se blottit davantage contre sa petite amie. Celle-ci sourit :

    — Tu avais l’air de t’ennuyer sans moi… On peut s’occuper ensemble, si tu veux ?

    — Peut-être, répondit Tsubomi dans un murmure en rougissant davantage.

    Avec un petit rire, Itsuki laissa tomber son sac et les entraîna toutes les deux vers le lit sur lequel elle les fit tomber. Dans les bras l’une de l’autre, les bras et les jambes entremêlées, elles se sentaient comme au paradis. Itsuki posa un baiser sur le nez de Tsubomi.

    — Je m’ennuyais aussi sans toi, avoua-t-elle très doucement.

    Elle posa un baiser sur ses lèvres et ses mains chaudes se glissèrent sous le chandail de Tsubomi qui gémit. Il n’y avait que sa petite amie et ses gestes emplis de douceur et de sensualité pour lui procurer de telles sensations. Timidement, elle toucha son visage du bout des doigts et entreprit de déboutonner sa chemise. Un baiser plus profond vint les réunir à nouveau et laissèrent tomber petit à petit vêtements comme tout ce qui était extérieur à leur bulle d’intimité. Tsubomi savait que grâce à la chaude lumière émise par Itsuki, le petit bourgeon qu’elle était avait fini par devenir une fleur. Et elle se savait belle aux yeux de son soleil.

    C’était l’essentiel.

     


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  • Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente, du 28 Mars 2014. Le sujet principal était le printemps. Le septième thème de la soirée était le week-end à la campagne, les mots à placer étant : aimer, contempler, fraîcheur.

    Fandom : Saint Seiya - Les chevaliers du zodiaque

    Couple : Kanon des Gémeaux x Ikki du Phénix

    Contexte : Post-Hadès, tout le monde est ressuscité, c’est merveilleux !

    Rated : M pour lime et pwp

    Si quelqu’un lui avait prophétisé ce qu’il se passerait lors de cette mission - qui ressemblait fort à un week-end pépère à la campagne - Kanon lui aurait probablement ri au nez. Puis, il se serait jeté du haut d’une falaise. Ou plutôt non, il aurait jeté l’imbécile du haut d’une falaise, il n’allait pas se donner la mort pour des inepties pareilles. Qui avait parlé d’une mission déjà ? La déesse Athéna, avec tout le respect qu’il lui devait, s’était bien fichue de lui. Il était même en train de se demander si elle n’avait pas fait exprès de l’envoyer en mission avec ce type pour faire jaser la compagnie. Voire même qu’elle était elle-même en train de fantasmer sur des délires yaoi avec les autres dindes - autrement appelées femmes-chevaliers - du sanctuaire.

    Il avait presque honte d’avouer qu’il était tombé dans le piège. Pire, il avait sauté dedans à pieds joints. Il n’avait pas pu résister au tempérament fougueux et compliqué du chevalier du Phénix et la situation dans laquelle ils se trouvaient actuellement feraient sûrement pousser des cris hystériques aux yaoistes en folie. Il se demanda même si certains n’avaient pas fait des paris sur ce qui allait se passer. Il allait tous les retrouver et les tuer à mains nues, oui, même Athéna !

    – Personne ne devra savoir, grogna le Phénix qui haletait sous les coups de reins vigoureux du gémeaux.

    – T’as clairement intérêt à tenir ta langue ! répliqua Kanon.

    Il s’était clairement fourré dans le pétrin, et si jamais cela se savait, il lui faudrait sûrement tuer tous les chevaliers du sanctuaire. Peu importe, Ikki l’aiderait sûrement et une fois le dernier survivant du sanctuaire achevé, il tuerait le Phénix pour faire bonne mesure. Son secret resterait à jamais un secret.

    Il était évidemment hors de question que quelqu’un se foute de lui parce qu’il s’envoyait en l’air avec cet enfoiré de chevalier du Phénix !


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  •  Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente, du 28 Mars 2014. Le sujet principal était le printemps. Le cinquième thème de la soirée était le repas en extérieur, les mots à placer étant : fascination, fleur, gazouiller.

    Fandom : Pokémon

    Couple : Ondine x Serena (anime)

    Rated : M pour lemon et pwp

    Cela faisait un moment déjà que le pique-nique à peine entamé avait été oublié dans son coin. Ondine savait-elle en organisant cette sortie que cela finirait ainsi ? Serena l’ignorait, et elle devait bien avouer que ça lui était égal. Mieux, si sa championne de fiancée avait tout manigancé depuis le début, c’était très bien ainsi. C’était même idéalement parfait.

    Elles avaient roulé sur l’herbe, écrasant quelques fleurs innocentes sur leur passage, suffisamment loin des victuailles pour ne pas les renverser par un geste malheureux et en renversant autant partout que sur elles. Les vêtements gênant avaient été rapidement enlevés, des baisers fiévreux ponctuant chaque nouvelle parcelle de peau mise à nue. Les mains s’étaient égarées sur les corps, les membres s’étaient enlacées et de profonds soupirs brisaient le silence de la nature environnante. Elles étaient seules au monde, dans leur bulle d’intimité.

    Serena se sentait fondre sous la chaleur et les gestes mélangeant autorité et douceur de son amante. Celle-ci menait la danse, comme à chaque fois, et la jeune dresseuse se laissait simplement emporter par le tourbillons de sensations que la rouquine lui procuraient.

    Elle l’aimait. Elle l’aimait plus fort qu’elle n’avait aimé son premier amour, ce jeune homme un peu bête et maladroit qui ne l’avait jamais regardée. Il n’avait jamais regardé Ondine, non plus, malgré tous les efforts que cette dernière avait pu faire pour lui plaire. Ils ne les avait jamais regardées et ce point était le premier qui les avait rapprochées. Certains diraient qu’elles avaient fini ensemble par dépit, toutes deux rejetées par le même homme. Mais c’était faux. Ondine aimait Serena, et Serena aimait Ondine. Elles avaient découvert qu’elles pouvaient s’aimer bien plus qu’elles n’avaient aimé cet homme. Toute la fascination qu’elles avaient pu éprouver pour lui s’était évaporée sous l’ardeur de leur amour commun.

    La jeune blonde gémit quand les mains de son amante s’insinuèrent entre ses jambes. Taquine, Ondine la chatouilla doucement, fit courir le bout de ses doigts sur la peau tendre de l’intérieur de ses cuisses, s’amusant à simplement la frôler, lui arrachant des halètements de plaisir. Les mains de Serena se refermeraient sur les pousses d’herbe tendre et s’y agrippèrent. Elle savait que c’était vain, que s’accrocher à quoi que ce soit était inutile, Ondine était capable de lui faire perdre la raison sans qu’aucune attache terrestre ne puisse la retenir.

    Elle le prouva une fois de plus. Serena gémit en sentant les doigts de sa compagne pénétrer son intimité. Ondine s’allongea à moitié sur elle, le souffle court et l’embrassa. Ses longs cheveux roux tombèrent sur le fin visage de Serena, qui ferma les yeux sous la caresse. Tout son corps se tendit vers Ondine alors que celle-ci lui procurait du plaisir, sans cesser de parcourir son corps brûlant de sa main libre. La main de Serena vogua lentement le long du ventre musclé de la championne, se dirigea lentement mais sûrement vers le point sensible de cette dernière. Ondine l’aimait, mais elle ne la laisserait pas l’aimer seule. Elles s’aimeraient à deux, comme elles le faisaient depuis le début de leur histoire, comme elles le feraient encore pendant longtemps.

    Les deux corps graciles s’enlacèrent encore plus alors que leurs gémissements à moitié étouffés se faisaient plus aigus, plus fréquents. Etroitement serrées l’une contre l’autre, chacune déterminée à donner autant de plaisir qu’elle en recevait, les deux dresseuses accélèrent la cadence, sentant le plaisir se diffuser dans tout leurs corps à partir de leurs bas-ventre, comme un feu ardent mais délicieux. Ce plaisir explosa soudainement, faisant crier Ondine et se pétrifier Serena qui avaient chacun une manière bien personnelle de gérer leur jouissance. Si Ondine était le feu et l’action, Serena se sentait plus dans la peau d’un paisible Pokémon plante, moins exubérant mais complémentaire à la puissance de la flamme. Elle aimait penser qu’elle était le pendant complémentaire de sa fiancée. Elle l’aimait et c’est avec cette idée qu’elle se laissa aller au plaisir qu’elle lui offrait.

    Oui, si Ondine avait prémédité ce moment en lui proposant un pique-nique, Serena était parfaitement en accord avec sa compagne.


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  •  Os écrit dans le cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente, du 28 Mars 2014. Le sujet principal était le printemps. Le second thème de la soirée était le champ de coquelicots, les mots à placer étant : butiner, bourgeon, aérer.

    Fandom : Saint Seiya - Les chevaliers du zodiaque

    Couple : Kanon des Gémeaux x Saga des Gémeaux

    Contexte : Pré-sanctuaire, pendant l’enfermement de Kanon au Cap Sounion

    Rated : M pour fantasme non avouable

    Enfermé au Cap Sounion, Kanon n’avait plus que ses rêves pour s’évader. Sa haine envers son frère ne l’occupait qu’en journée, les nuits où il arrivait à s’assoupir n’étaient peuplées que de tout ce dont il était privé en tant que prisonnier. Il n’avait plus que ça pour s’aérer l’esprit.

    Il rêvait souvent de champs de coquelicot. Un champ où il voyait les petites fleurs rouges se perdre jusqu’à l’horizon. Il sentait presque le soleil chauffer sa peau dorée, le vent soulever ses cheveux, il voyait le paysage s’étaler sous ses yeux, il entendait le gazouillis des oiseaux, le bourdonnement discret des abeilles en train de butiner, et il était heureux. Certaines fleurs n’étaient encore qu’à l’état de bourgeon, l’image était si réaliste que le gémeaux s’y croyait presque…

    Quand il s’éveillait, réalisant qu’il était toujours derrière les barreaux de sa prison, la rage l’envahissait, et avec elle, tous les plans de conquête et de vengeance qu’il planifiait. Si Saga croyait qu’en l’enfermant et en le vouant à une mort certaine, il lui échapperait, il se fourrait le doigt dans l’œil. Et profondément, qui plus est. Jamais son jumeau ne lui échapperait, il lui appartenait corps et âme, Kanon l’avait décidé.

    Éveillé, Kanon ne cessait de penser à ce qu’il ferait, une fois le monde sous sa coupe. Evidemment, Saga était la première personne sur la liste des gens à punir. Jamais son jumeau ne lui échapperait, il se ferait une joie de l’écraser et le soumettre à lui, de gré ou de force. Qu’il le veuille ou non, Saga serait à lui, entièrement, complètement. Kanon ne cessait d’imaginer le corps parfait de son aîné, ce corps si beau qu’il ne pouvait pas l’ignorer. Saga était le plus bel homme de toute la chevalerie d’Athéna, et même, le plus bel homme de la Terre. Et il serait tout à lui.

    Ils seraient à lui, ce corps sculptural, cette peau gorgée de soleil, ce visage parfait, ces cheveux soyeux, ces yeux turquoise, ils seraient tout à lui et il ne les céderait à personne. Il se voyait déjà, dans ses fantasmes le plus fous, dénuder lui-même son frère complètement soumis à lui, lentement et avec délices. Il embrasserait ces lèvres tentatrices, il caresserait son corps, encore et encore, il le serrerait contre lui jusqu’à l’étouffer, jusqu’à s’étouffer. Il le grifferait, il le mordrait, il le marquerait à jamais comme sa possession et ensuite, il panserait les plaies qui auraient souillé le corps de son aîné lui-même, pour qu’aucune marque ne le souille. Et quand enfin, il le posséderait, il était sûr que jamais il ne ressentirait plus grande joie. Il le ferait gémir, soupirer, crier, Saga le supplierait de l’aimer, d’aller toujours plus fort, toujours plus vite, il le rendrait fou d’amour et quand il parviendra enfin à ce but, Kanon était sûr qu’il serait le plus heureux des hommes.

    Le désir torturait douloureusement Kanon qui, accroché d’une main aux barreaux de son prison, essayait de l’autre d’éteindre le feu ardent que son frère était capable de faire naître dans son corps.

    – Saga… haleta-t-il en rejetant la tête en arrière, un long frisson secouant son corps.

    Le gémeaux renégat, sa poitrine se soulevant au rythme d’une respiration saccadée, se laissa glisser contre les barreaux, reprenant lentement ses esprits.

    Un jour, il parviendrait à son but. Oui, Saga serait à lui. Ce n’était qu’une question de temps, et ce n’était certainement pas la prison du Cap Sounion qui l’arrêterait.


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  • One-shot écrit dans la cadre de la nuit des lemons de la Ficothèque Ardente. Le thème principal est le carnaval. Le thème secondaire, le premier de la soirée, portait sur l'Allemagne. Les mots à placer étaient : musique - chapeau - cape. J'ai pris pour inspiration l'une des coutume de festival de Cologne, le jour de l'émancipation des femmes.

    Fandom : Pokémon

     Personnages : Rachid/Bérénice 

    Rating : MA (fic adressée à un public de plus de 18 ans)

    Nœud pap'

    – Les cravates sont beaucoup moins seyantes que les nœuds papillon ! protesta Rachid.

    – Ne dis pas n’importe quoi, le tança Iris. Les cravates sont tout aussi bien que les nœuds papillon. Et puis, aujourd’hui, c’est une occasion spéciale, alors ne fais pas de chichis !

    Le gros soupir du Sommelier n’émut pas la jeune fille qui acheva de dénouer le nœud papillon de son ami pour le transformer en cravate. Rachid s’observa avec une moue circonspecte sur le reflet de sa cloche de service. Il n’était guère satisfait du résultat, mais Iris avait insisté, et quand Iris avait une idée en tête, il était dur de résister. En faisant attention à ce que son amie ne le voie pas, il redressa un peu la cravate, en lissa les plis et resserra le nœud. Elle n’était pas très douée pour les cravates.

    – Tu te dépêches et puis c’est tout ! !

     La voix perçante d’Iris fit presque trembler les vitres du centre Pokémon alors qu’elle exhortait de toutes ses forces Sacha à sortir du coin où il s’était planqué. Le dresseur était à la fois furieux et honteux de devoir porter une cravate. Il détestait ça et l’avait fait savoir, mais la métisse avait été inflexible. Pour le carnaval de Méanville, les hommes devaient porter une cravate. Il n’y avait pas matière à discussion.

    – C’est moi qui t’emmène de toute façon, décréta-t-elle. Tu viens avec moi, point. Allez, debout, m’oblige pas à te traîner par terre.

     La mort dans l’âme, Sacha poussa un profond soupir qui n’émut personne et se résigna à affronter la peine de purgatoire que représentait la journée d’émancipation des femmes à ses yeux. Non pas qu’il était sexiste - pas beaucoup du moins - mais porter une cravate était son enfer personnel. Las, la tête basse, il suivit néanmoins une Iris surexcitée qui l’entraînait hors du centre pour profiter des festivités.

    Elle l’avait carrément oublié. Rachid haussa les épaules, pas spécialement vexé de l’attitude de la petite dresseuse. Iris était encore une enfant, c’était même pour cela que cette journée l’enchantait autant. Elle était mignonne comme tout, il n’allait pas lui en vouloir pour ça. Il allait profiter de la journée lui aussi et forcément, il retrouverait ses amis à un moment ou un autre.

    Tranquillement, il sortit lui aussi du centre, après avoir remercié l’infirmière qui lui souhaitait bonne chance en riant.

     Dehors, les rires et les cris - de joie, de protestation, parfois même de colère - étaient légions. Une fanfare défilait et la musique que jouaient les musiciens était particulièrement entraînante. Toutes les femmes étaient ravies de cette journée où elles pouvaient s’amuser en toute légalité. La plupart avaient des ciseaux ou des cutter à la main pour couper les cravates et de partout, elles embrassaient tous les passants qu’elles voyaient. Sacha et Iris étaient déjà perdus au milieu de la foule et Rachid ne chercha pas à les retrouver. Il fut rapidement mêlé aux festivités lui aussi, se faisant embrasser par des dizaines de filles différentes - il se savait joli garçon et s’attendait à être noyé sous les bises - et sa cravate fut rapidement raccourcie de plusieurs centimètres. Il n’était pas tout à fait mécontent de tant d’attentions, bien au contraire. Il y avait bien quelques très jolies filles dans le lot qu’il pourrait éventuellement inviter à venir boire un verre avec lui.

    Un ciseau qui n’était pas un simple instrument de cuisine comme il ne voyait que ça depuis quelques minutes entra dans son champ de vision. Il s’agissait d’une paire de ciseaux professionnel, un objet qui ne se trouvait pas n’importe où, du matériel utilisé pour les toilettages des Pokémon au poil particulièrement sensible.

    Un peu surpris de voir apparaître un tel instrument, le regard de Rachid s’y attacha et se fixa sur la petite main qui le tenait, puis remonta le long du bras jusqu’à apercevoir la personne qui le tenait.

    D’épaisses boucles lilas, de grands yeux bleu aux sourcils froncés qui cachaient mal une innocence adorable pour une jeune femme, un costume de Sommelier impeccable… Il aurait reconnu Bérénice juste à son délicat parfum, fragrance inoubliable, de toute façon.

    Quand leurs regards se croisèrent, la Sommelière esquissa un sourire mauvais, lui tira la langue et fila avec le morceau de cravate qu’elle lui avait découpé.

     – Je t’interdis de faire du vaudou avec ! s’écria-t-il alors qu’elle disparaissait à un coin de rue.

    A moitié inquiet, à moitié amusé, il réussit à s’extirper de la masse de jeunes femmes qui l’entouraient et suivit le même chemin que Bérénice. Celle-ci était adossée au mur de la ruelle, bras croisés, l’air hautain. Le bout de cravate découpé pendait à l’une de ses mains. Rachid nota le chapeau orné d’une plume et la cape bariolée qu’elle portait, probablement pour imiter les gens dans la rue. Il y avait beaucoup de gens déguisés, si quelqu’un dénotait à Méanville, c’était lui et son costume impeccable, pas elle.

     – Je me doutais que tu me suivrais, l’attaqua aussitôt Bérénice.

     Le bout de cravate s’agita dans sa main, signe d’une provocation évidente. Rachid sourit.

    – Depuis le temps, susurra-t-il, tu pourrais peut-être essayer de trouver une autre approche que l’agressivité… non ?

     – Pour te donner l’illusion stupide que tu es merveilleux ? Ne rêve pas. Tu devrais te sentir honoré de mes sentiments, pas le contraire !

    – Mais je suis très honoré de tes sentiments, ma chère Bérénice.

     La jeune femme rougit au son de la voix caressante qu’avait prise le Sommelier pour lui parler. Elle détourna les yeux, timide, comme à son habitude. Rachid profita de cet instant pour s’approcher d’elle souplement. Avec tendresse, faisant mine de ne pas remarquer le sursaut de la jeune femme, il redressa le chapeau et arrangea la plume.

    – Ces atours colorés sont très seyants sur toi, murmura-t-il avec un sourire charmeur.

    Il lissa le col de la cape, s’amusant du visage écarlate de Bérénice. Ses doigts s’égarèrent sur une joue rebondie et il manqua soupirer d’aise sous une telle douceur. Rien ne pouvait égaler l’effet ahurissant que faisait la peau de Bérénice sur ses sens. Leurs moments ensembles valaient tous les autres plaisirs au monde.

    – Tu es un abominable lubrique, murmura Bérénice. Je sais à quoi tu penses.

    – Allons, mon petit sucroquin, tu ne peux pas m’en vouloir, se défendit le jeune homme avec un sourire. On se voit si peu, j’ai envie de profiter des rares moments que je peux passer avec toi…

    – Justement, pour ces si rares moments…

    Rachid coupa la future question de sa petite amie d’un baiser. Il savait très bien ce qu’elle allait lui demander, il connaissait la question comme elle connaissait sa réponse.

    Voyager avec elle, faire la route ensemble.

    Rachid aimait Bérénice, avec sincérité, mais ne se voyait pas du tout voyager avec elle. Bérénice restait une jeune femme fière, indépendante, et il savait qu’elle ne supporterait pas, dans son état d’esprit actuel, de faire des concessions. Et lui-même appréciait trop son voyage avec Sacha et Iris pour y renoncer tout de suite. Il n’était pas contre l’idée, mais savait qu’il leur faudrait attendre. Ils ne voyageraient peut-être finalement même pas ensemble, il songeait déjà à ce qu’il ferait en quittant Sacha et l’idée de s’installer quelque part avec Bérénice le travaillait de plus en plus. Il faudrait un jour qu’il lui en parle, elle était la première concernée après tout…

    La Sommelière avait noué ses bras autour de son cou et perdu dans ses réflexions, il l’avait enlacé sans même s’en rendre compte. Il se secoua mentalement : comme il l’avait dit lui-même, ses moments avec Bérénice étaient trop rares pour qu’il se permette d’être distrait. Avec douceur pour ne pas la brusquer, il approfondit le baiser et descendit ses mains jusqu’aux fesses rebondies de sa petite amie. Celle-ci s’agrippa à ses épaules et réduisit la distance entre eux, collant leurs deux corps sans laisser le moindre interstice entre eux.

    – Hé bah, les jeunes, ça a l’air chaud entre vous !

    La jeune femme se détacha brutalement de son petit ami, plus rouge qu’une baie Tomato, jeta un regard incendiaire au mec habillé comme un montagnard qui les avait interrompu et fila à toute vitesse. Moitié riant, moitié frustré, Rachid s’empressa de la suivre histoire qu’elle ne disparaisse pas dans la nature. 

    – Je ne veux plus qu’on se retrouve comme ça dans la rue ! vociféra Bérénice, sachant très bien qu’il la suivait. 

    – Moi je veux bien, répondit gentiment Rachid, mais si on ne prévoit pas nos rencontres, c’est ce qu’il risque d’arriver…

    – Dans ce cas, il faudra toujours prévoir !

     Rachid attrapa la main de la jeune femme au vol et celle-ci continua son chemin à travers les rues animées, montrant les dents à la moindre demoiselle faisant mine de s’approcher de son petit ami. Celui-ci crut apercevoir l’épaisse chevelure brune d’Iris devant un stand mais Bérénice l’entraînait vers il ne savait où trop vite pour qu’il ait pu regarder. Elle les emmenait à un charmant petit hôtel, nota-t-il quand ils s’engouffrèrent dans ledit hôtel. Elle ne perdait pas de temps et il ne put s’empêcher de sourire d’anticipation. Elle les entraîna dans l’ascenseur et se mit à trépigner en attendant d’arriver à leur étage. Rachid songea un instant à arrêter l’ascenseur et en profiter pour tester un lieu insolite, mais savait que sa petite amie ne supportait pas les lieux aussi exigus. Il contint donc son impatience jusqu’à la chambre qu’elle occupait le temps de son séjour à Méanville. Bérénice ferma soigneusement à clé et se tourna vers lui, hésitante.

    Rachid n’attendit pas pour l’embrasser à nouveau, sachant qu’elle n’aimait pas prendre les devants. Cela ne l’empêcha pas de lui rendre son baiser et de s’accrocher à lui comme si sa vie en dépendait. Ils basculèrent sur le lit sans cesser de s’embrasser, leurs mains parcourant le corps de l’autre avec fièvre. Comme s’il s’agissait d’un jeu, Rachid dénoua le nœud papillon de Bérénice et guida ses mains pour qu’elle fasse de même avec sa cravate. Celle-ci comprit rapidement, et avec un sourire, détacha la cravate à moitié découpée avant de la jeter au sol. Lentement, refreinant leurs pulsions, chacun ôta un vêtement de l’autre pour qu’ils soient toujours à égalité. Bérénice adorait ce sentiment-là, celui d’être l’égale de Rachid et non plus une Sommelière de niveau inférieur. Grâce à leurs sentiments, ils avaient surpassé leur rivalité et elle remerciait tous les dieux existants de lui avoir fait découvrir ça. Leurs désirs montaient en même temps que l’amusement, et la frustration de ne pas s’appartenir très vite. Leurs ébats dépendaient de leur humeur, s’ils se sentaient tendres ou plus actifs. Cette fois-ci promettait d’être languissante et le feu entre les cuisses de Bérénice s’amplifiait à chaque vêtement ôté.

    Finalement, il ne leur resta aucun vêtement et Rachid parcourut le corps rebondi de sa petite amie avec délectation. Celle-ci frissonna sous ce regard et retint le mouvement instinctif de se dissimuler. Il l’avait déjà vu nue, elle aussi, il n’y avait plus rien à cacher entre eux. Elle oublia sa pudeur pour elle aussi examiner le corps fin et souple de son petit ami. Il était le plus beau garçon du monde, songea-t-elle. Il était aussi le garçon qui embrassait le mieux de l’univers, s’ajouta-t-elle intérieurement quand il se pencha pour joindre leurs lèvres. Rien ne pouvait égaler le délice de sentir ses larges mains solides sur son corps. Elle s’était toujours trouvée trop grosse, il lui avait dit qu’elle était parfaite. Elle se trouvait moche, il la regardait comme si elle était la plus belle femme du monde. Et elle se sentait réellement belle sous le regard qu’il lui adressait à chaque fois qu’ils s’aimaient. Elle était folle de lui et plus jamais elle n’arriverait à se détacher de lui.

    Le jeu de l’effeuillage était fini, les gestes se firent plus sensuels, plus intimes. Ils étaient restés très sages en se déshabillant mais ne le restèrent pas davantage. Expertes, les mains de Rachid s’aventurèrent sur tout le corps de sa petite amie soupirant de plaisir. Ils roulèrent sur le lit, manquèrent basculer et rirent de concert avant de recommencer leurs caresses érotiques. Bérénice avait si chaud qu’elle avait l’impression de bouillir sur un feu. Elle se sentait presque l’impression d’être l’un des plats que Rachid mitonnait avec tant d’amour. Repoussant cette idée saugrenue de ses pensées, elle enroula l’une de ses jambes autour de la taille de son amant pour le rapprocher d’elle.

    Son ventre frémit quand il le titilla et elle haleta quand il descendit encore plus bas, frôlant son intimité. Elle poussa un gémissement languissant et l’attira à lui pour l’embrasser de nouveau avec ferveur. Elle enroula un instant ses bras autour du cou de Rachid, posa un baiser sur sa mâchoire, détacha ses bras et les fit parcourir le torse brûlant de celui qu’elle aimait. Celui-ci rejeta la tête en arrière en poussant un râle et elle poussa la chance en s’aventurant sur son bas-ventre avec un sourire malicieux. Elle frôla elle-aussi son intimité et il grogna en se collant brutalement à elle. Les caresses se firent d’autant plus fiévreuses et elle lut dans les yeux de Rachid qu’il la désirait intensément. Elle savait qu’elle devait présenter le même regard et elle acquiesça d’un signe de tête.

    Délicatement, Rachid se plaça entre ses cuisses et prit appui sur les genoux. Le regard débordant de désir, il se pencha à nouveau sur sa petite amie et l’embrassa. Elle s’agrippa à ses épaules et y enfonça les doigts, tendue, des arcs électriques parcourant tout son bas-ventre, impatiente de ressentir le plaisir sans fin de leur union.

    Lentement pour ne pas la brusquer, Rachid entra en elle et un feu ardent éclata dans leurs deux corps. Bérénice gémit bruyamment et se cambra sous le bonheur brut qui la saisit. Elle ondula un peu, sachant que Rachid attendait qu’elle soit prête pour lui faire l’amour. Il faisait toujours ça, doucement, à son rythme à elle et elle l’aimait encore plus pour ça. Enfin, d’un énième baiser, elle lui signifia son accord et le jeune homme entama un va-et-vient sensuel dans son intimité. Il ne fallut pas longtemps à la Sommelière pour perdre toute notion de temps ou d’espace. Plus rien ne comptait plus que le corps de Rachid contre elle, en elle, leurs deux bouches scellées par des baisers fiévreux, leurs doigts entrelacés et le plaisir qui la consumait au rythme de ses coups de hanche.

    Elle aimait Rachid de tout son être. Elle s’écarta de lui juste le temps de lui dire avant d’être submergée par le plaisir et de s’oublier dans un cri de jouissance qu’ils partagèrent.

    Les quelques secondes que dura leur orgasme s’évapora trop vite et ils se retrouvèrent haletants et en sueur, étroitement enlacés, leurs regards perdus dans celui de l’autre. Prévenant, Rachid les couvrit d’une couverture et laissa Bérénice enfouir son visage dans son cou. Le Sommelier savait qu’ils resteraient à Méanville plusieurs jours, le temps du festival, et se réjouissait déjà d’avance des jours qu’il allait passer en compagnie de sa petite amie. Tendre, il lui adressa un sourire qu’elle ne vit pas et la berça pour l’inciter à dormir.

    Ils avaient encore plusieurs heures devant eux, ils avaient tout le temps… 


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